C'est dans tout ce que je fais et si je veux vivre, je dois bien mourir de temps en temps.
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Tom ouvrit la porte de son appartement en étouffant un bâillement avant de déclarer.
- Putain, je ne suis pas mécontent que la journée soit enfin terminée.
- Même avis que toi man
- Je suis mort
Les garçons s'écroulèrent dans les canapés les plus proches. Gustav en étoile, Georg sur le sol, et Tom sur le sofa, ses cheveux retombant avec souplesse sur ses épaules. Il avait coupé ses dreads, à la mort de Bill, en signe de deuil. Tout comme il avait abandonné les baggys. Son habillement était simple : jean et tee-shirt et parfois, de plus en plus souvent, jean et chemise blanche. Style et décontraction. Son seul signe de rébellion était ses cheveux blonds. Il les avait laissé pousser et ils lui arrivaient au milieu du dos. Wilhemina –affectueusement surnommée Minna, sa fiancée, adorait les lui coiffer, les brossant longuement. Ils s'amusaient souvent le soir dans leur lit à comparer leurs longueurs respectives, leurs ressemblances et leurs différences de nuances. Car, de ses origines Italiennes, Minna avait hérité des cheveux blonds vénitiens.
- Je suis mort déclara Gustav
- Même pas la force de me traîner jusqu'à mon lit – gémit Georg
- Vous pouvez rester dormir ici les gars si vous voulez.
- Humm
Le bruit de la sonnette força Tom à se lever. Au prix d'un effort surhumain, il s'extirpa du diva, râlant au second coup de sonnette.
- C'est bon, c'est bon. Voilà, j'arrive
- Merci mon Amour
Minna pénétra dans l'appartement un carton de victuailles. Elle peinait à le tenir.
- Attends ma chérie, je t'aide
- Merci mon Tomi .Tu peux le déposer dans la cuisine pendant que je descend aider ta mère à finir de décharger le coffre ?
- Mam est là ?
- Oui mon grand !
Tom se précipita vers sa mère, toute sa belle énergie retrouvée, tandis que les deux G s'affairaient dans la cuisine avec Minna. Tom ôta le carton des mains de Simone et l'enlaça longuement se blottissant contre elle, comme un petit enfant, la tête nichée dans son cou. Par le passé, Tom n'avait jamais été très câlin. Non c'était Bill qui tenait ce rôle, Bill, qui avait un besoin constant de tendresse et de contacts physiques avec leur mère notamment. Mais depuis la mort de ce dernier, Tom paraissait rattraper le temps perdu. Il avait besoin que Simone le câline, et à présent, il n'hésitait plus à lui montrer son amour et son affection.
- Allez chéri- dit Simone- tu déposes ce carton et après si tu descends, il y a une surprise pour vous dans la cuisine.
- Une surprise ? Hum.. Ca se mange ?
- Tom Kaulitz , tu es un véritable estomac sur pattes –gloussa sa mère. Je vais finir par croire que Minna , ne te donne pas à manger en quantité.
- Oh si, mais, RIEN, non rien ne vaut ta cuisine Maman- déclara t-il en baissant la voix, prenant un air de conspirateur.
- J'ai entendu Tom lui cria sa fiancée depuis la cuisine
- Vite, fuyons M'man.
- On descend récupérer des trucs.. staîle Scotty et le courrier
- Ouais c'est cal oui. Fuyez rit Minna
Les Kaulitz mère et Fils disparurent précipitamment de l'appartement en entendant la voix des 2 G appeler à l'aide pour décharger le restant des cartons. Simone et Minna avaient acheté à manger pour au moins un régiment. Au moins, l'équipe technique serait ravie durant quelques jours du traitement de faveur auquel ils allaient avoir droit. Simone Trumper était un vrai cordon bleu. Les 3 étages les séparant furent rapidement descendus et ils pénètrent dans le splendide appartement. C'était un cadeau de Bill. Le dernier, l'ultime. Il l'avait acheté pour sa mère et son beau père, peu avant sa mort, dans l'immeuble ou Tom et lui venaient d'acquérir l'immense loft qui prenait tout le dernier étage. Ils avient acheté leur résidence-studio à Hambourg. Le même qu'ils occupaient à l'époque pour la préparation de leur album Zimmer 483. Ils avaient juste racheté les appartements situés en face, au dessus et en dessous, aménageant le tout afin que chacun ait son propre appartement privatif et privé. C'était plus simple ainsi pour travailler et ils cohabitaient sans problèmes. Les deux G s'y étaient aussi installés. Pour plaisanter, ils appelaient l'immeuble la Tokio Hotel Tower. Si au début y vivre s'était avéré difficile, car Bill en avait supervisé la déco, finalement Simone, se disait que jamais elle ne pourrait ni ne voulait vivre ailleurs en fin de compte.
- Alors c'est quoi ?
- .. [g]Des lasagnes faites maison
.- Maman t'es la meilleure !
Sur ce Tom l'enlaça. Il la serrait tellement fort contre lui qu'elle manquait d'air. Malgré tout elle ne dit rien. Appréciant cette étreinte. Tom contrairement à son aîné Bill n'avait jamais été très démonstratif. Mais depuis la mort de so,n jumeau, il veniat plus fréquemment se blottir contre elle lui répétant à quel point il l'aimait et combien elle comptait dans sa vie. Au bout d'un long moment, elle se défit de ce câlin filial du aussi bien au manque.. qu'aux lasagnes ( pas au manque de lasagnes espéra t-elle en riant intérieurement) et après avoir ébouriffé les boucles blondes de son cadet elle sortit de l'appartement pour se rendre trois étages plus bas dans l'immense appartement avec vue qu'elle occupait avec Gordon.
Elle retira du frigo son plat de lasagnes, l'enveloppa dans du papier aluminium puis s'empara du courrier. Enfin de la tonne de courrier plus exactement. Car entre les factures, les relevés bancaires, les pubs, les lettres de fans trop débrouillardes qui avaient réussi à trouver leurs adresses , plus celles transmises d'Universal via Stéfanie leur assistante, elle en avait rempli trois sacs. Elle soupira, bippa Tom afin qu'il vienne l'aider. Dans l'intervalle, elle arrangea le tas de lettres et son attention fut attirée par une enveloppe bleue au parfum capiteux. Elle sourit. Encore une amoureuse transie de Tom. Elle porta l'enveloppe à son nez, la huma et une foule de souvenirs décousus et confus submergèrent son cerveau. Ravivant sa mémoire.
Elle chercha encore et encore concentrée. Cette odeur ne lui était pas inconnue, évocation de souvenirs d'un autre temps, d'une autre vie. Tout à coup ses yeux s'agrandirent de surprise. Bon sang, mais oui c'était bien sur. C'était son parfum à elle. Celui qu'elle mettait du temps de son mariage avec Jorg « Je te reviendrai toujours ». Elle se souvint qu'elle en mettait sur les doudous de ses jumeaux afin qu'ils puissent dormir sans angoisse lorsqu'elle devait sortir avec leur père. D'agités, ils devenaient alors tout calmes, stoppant leurs pleurs. Rassurés, ils n'étaient plus mus par cette peur irraisonnée qu'elle ne revienne pas. Seul ce parfum les apaisait, les faisait dormir un sourire aux lèvres. « Je te reviendrai toujours » C'était la promesse d'une mère à ses fils. Le bruit du loquet de la porte d'entrée la tira de sa rêverie. Tom entra un sourire malicieux aux lèvres. Elle repose l'enveloppe bleue sur le haut de la pile et tendit les trois paquets à Tom.
Si elle ne s'était pas retourné. Ou si elle s'était retournée une oh même une fraction de seconde plus tard pour prendre son plat de lasagnes, elle aurait vu le visage de Tom se décomposer et pâlir. Elle aurait remarqué que ses sourcils se fronçaient à la vue de l'enveloppe bleue. Elle aurait constaté que c'est d'une main tremblante qu'il mettait précipitamment d'un geste vif et nerveux la cause de son angoisse dans la poche arrière de son baggy.
Elle l'aurait alors interrogé. Sûrement se serait-elle même inquiétée de la lueur anxieuse qui brillait au fond de ses yeux. Et encore plus du mutisme dont il aurait fait preuve lui qui ne lui cachait plus rien depuis la mort de son frère.
Oui elle aurait vu tout cela.
Mais elle ne s'était pas retournée.
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